TUC de Vielha et Pic de la Mine
8 et 10 novembre 2008
La neige est tombée en quantité, m’ayant même surpris sur les routes aveyronnaises. Me taquinant ainsi à aller la retrouver, dès que possible, dans nos blanches Pyrénées. Forêts toutes parées de leurs parures automnales, diffusant des myriades de jaunes, ocre, orangées…rehaussées de rouges presque carmin ou de vert sirupeux. Vite, profiter de cette avalanche forestière de couleurs en dépoussiérant nos planches. Vendredi soir, conciliabule rapide avec Aude, avec le choix du Tuc de Vielha, digne versant nord susceptible de préserver cette neige poudreuse tant appréciée. Mais, quelle décontraction que cette première virée, il faut retrouver le matériel et les réflexes. Nous sourions même de nos erreurs de débutants. Départ vers 9 heures 30, du parking des poubelles, point de repère intangible.
La neige commence dès le départ, mais elle est encore inégale. Il vaut mieux porter un peu et chausser après la traversée du ruisseau. Le chemin est à la fois couvert de neige, de glace et
parsemé de crottin de cheval, ça fleure la nature, mais attention aux peaux ! Le chemin de débardage permet de rejoindre la cabane à ski, avec une neige dure et glacée.
Autour, le bleu envahit le ciel, et bientôt, la seule masse nuageuse restante est celle de « notre » col ! Mais l’horizon s’éclaircit nous dévoilant un groupe dense et compact de
raquetteurs espagnols avec guide et ados. A partir du pont, la neige se ramollit et Aude attaque la trace. Toujours en grande forme, le rythme est soutenu. J’essuie même, incrédule, le cadrant du
Sunnto quand il frôle les 680 m/h. Le groupe est vite avalé. Il se cale dans nos traces, accélérant notablement leur allure. Ubac oblige, la neige se ramollit, mais il fait frisquet.
Premier ressaut avec une halte près d’un rocher. Séquence souvenir, de notre dernier passage dans un brouillard prégnant avec Aude et Bertrand, désormais parisien, J’essaie bien brièvement de
faire la trace, mais le rythme général et mon souffle s’en ressentent vite. Le col est là avec la découverte du panorama, un peu bouché par endroit. C’est bien pour une première sortie.
Impatients de nos premiers virages, nous délaissons le Pic à la vue nuageuse. Quel plaisir, le premier virage coule et tout naturellement, les autres suivent, glissant onctueusement en ces pentes
seulement décorées de notre trace de montée. Quelle neige, ce versant nord, même réfrigéré est dignement apprécié. Mais, peu à peu, la neige devient un peu plus lourde, nécessitant plus d’effort
et d’attention. Mais bistre, que les cuisses font mal. Le manque d’entraînement et des conversions ratées avec déchaussage, et bientôt les muscles se rappellent à nous. La neige est abondante,
plus que nous le pensions. De réelles accumulations cachent blocs et cailloux et j’ai finalement que très rarement raclé mes skis. Seule la fin du parcours constitue un labyrinthe entre arbustes
et rochers, mais dans le cadre d’une traversée tranquille. A la cabane, nous préférons déchausser et descendre par le sentier, tout en devisant. Une journée véritablement agréable et montagnarde,
constituant une première sortie de choix, presque anachronique en ce début novembre.
Il aurait été dommage d’en rester là. Lundi, encore de la neige et du soleil. Je tente le coup cette fois vers le Pic de la Mine, avec Marc en ski et Dany en raquettes. Mais, la traversée de l’Ariège m’inquiète un peu. La montée au Puymaurens encore plus, les flancs étant plus verts que blancs. Qu’importe, au col, nous partons sur le chemin, en voiture, puis à pied. Cela devient plus encourageant. Les pentes du Pic sont décorées de quelques serpentins prometteurs. Bien vite, les skis quittent les sacs, pour cette traversée vers la cabane, tout en rejoignant les pistes sous le télésiège. Les dameuses ont fait leur job, préparant une sous-couche d’enfer. Montée sous un soleil chaleureux. Il fait très chaud par rapport à l’avant-veille. Dany chausse les raquettes et suit son rythme. Arrêt au col pour profiter de la vue sur le vallon des Pédrons. Nous sommes alors doubler par deux skieurs… de fond.
Images de cartes postales, ciel bleu, belle neige, peu de monde. Profiter des sensations hivernales, avant que l’hiver ne soit effectivement arrivé. Ah, climat, quand tu nous tiens ! Dany
finit à pied l’arrête finale, en neige souple, les crampons resteront dans le sac. Panorama andorran, ariégeois et catalan, drapé de blanc. Quelques forces avant d’attaquer la descente, skis aux
pieds du sommet.
Le départ vers la droite est
super, neige de rêve, peu de traces. Avec ce qu’il faut de pente, un peu raide. Rejoindre Dany pour quelques photos, puis poursuivre un couloir engageant. Seuls deux serpentins ornent le manteau
neigeux, j’y rajoute ma signature tout à droite, dans une neige souple et légère. Finir calmement ce retour avec Dany, en traversées bucoliques. De quoi clôturer ce week-end/viaduc du 11
novembre, en une ambiance montagnarde qui, espérons-le augurera d’une complète saison de ski, balayant les précédentes plutôt en demi teinte. Que la neige soit avec vous.
Philippe
Le 11/11/2008
Mais où est passée cette poudreuse ? Certes, les pentes et les sommets se révèlent légèrement plâtrés, mais il y
tromperie sur la quantité. Même avec un vent fort, les combes devraient être plus gavées. Entrée du tunnel, c’est toujours pelé et le temps est maussade. Décision est prise d’aller versant
espagnol. Sortie du tunnel, le soleil est radieux, mais la neige rarissime. Au parking, 2 montagnards envisagent même de faire un « procès à Météo France » pour fausse nouvelle. Après
réflexion, nous envisageons d’aller à Barrosa. Départ du parking, près des ruines. Il faut retrouver Daniel, tout au réglage de son Sunnto, il ne nous a pas vu démarrer. Après un court portage,
la neige recouvre le chemin. La troupe sinue entre les pins, les ruisseaux. Quelques belles images de carte postale. La vallée se découvre peu à peu, patchwork de bosquets, de rochers, de
pierriers, avec la Robiniera en ligne de mire. Le spectacle s’apprécie à chaque pas. Richard scrute les environs, isards à droite, annonce-t-il bientôt. Ils sont
Les filles redémarrent. Daniel n’a même pas eu le temps de se
badigeonner de crème. La montée devient plus sérieuse. De croupe en combe, il faut rester en zone enneigée, quitte à accumuler les conversions. Parfois même, il faut franchir quelques passages
herbeux, allant même jusqu’à déchausser. Mais, il commence à faire chaud, très chaud même : une combe, du soleil, un rythme soutenu. Et les degrés sont là. Un scieur apparaît au loin, seul
sinuant entre les rochers. La neige semble bonne. Un travers un peu plus raide, après hésitation, les couteaux se révèlent superflus. Nouvelle combe, la pente se raidit. Il faut enchaîner les
conversions, car la zone enneigée est étroite. Chacun prend son rythme, son souffle. Prendre du dénivelé jusqu’à un poteau multicolore, mesurant la hauteur de neige. Le groupe s’effiloche. Nous
atteignons le col, la vue est magnifique sur le cirque de Barroude. Muraille vertigineuse de falaises blanchâtres, éperons découpés, aux noms célèbres enserrant la Munia.. A notre gauche, Pic de
Barrosa et Port Vieux nous narguent. Mais nous resterons au col à pique-niquer joyeusement.
Déjà la descente, rapide, agréable, en une succession de
combes et de traversées. La neige est souvent dure, juste un peu ramollie en surface. Certes, cela ne vaut pas une poudreuse d’enfer. Mais, les virages succèdent aux virages. La plupart du temps
en neige facile, avec parfois quelques secteurs sournois, à négocier plus souplement. Comme souvent, nous descendons vite, trop vite, en ne dégustant pas assez ces pentes durement gagnées. Un
petit portage, de nouvelles combes et traversées et nous retrouvons l’ambiance montagnarde de la cabane. Le meilleur est déjà loin derrière nous. Et nous entamons la lente descente du vallon.
Prendre et garder un peu de vitesse, pousser sur ses bâtons, en un long cheminement. La neige dure donne presque une impression d’être en train, de suivre le rythme cadencé d’un chemin de fer.
Mais la vue est toujours là, en un