Vendredi 22 février 5 22 /02 /Fév 17:07

SUR LES CHEMINS DE ST-JACQUES
Printemps 2006 (du 8 au 21 mai)

Galice, Asturies, Nord du Portugal…le projet était depuis longtemps dans l’air. Voyage à Compostelle, enfin concrétisé, après plusieurs reports pour cause de vagues de pétrole ou de météo incertaine. Des airs de Bretagne hispanique, où les embruns se disputent aux tapas. Mélange sucré-salé d’ambiance celtique du Sud ou de saveurs méditerranéennes bretonnantes.

Découverte des chemins de St Jacques dans notre vaisseau « moderne », pèlerins pressés en camping-car déglingué. Après un week-end familial, le cap est mis sur Pau où nous déposons Vivien. Première plage près de St Jean de Luz, Socoa face à la mer est appréciable hors saison. Le Pays basque se déguste en ses couleurs, St Jean avec ses ruelles, son port, ses places… San Sebastian est plus galère pour se garer. Et nous atterrissons en bout de plage dans un bar à tapas, avant de siester dans le sable en ce soleil lumineux et venté. La route côtière permet de découvrir une succession de petits ports Lekeitio, Guernica et atterrir, pour la nuit, sur la jetée de Berméo. Impossible de dormir plus près de la mer, on se croirait presque en bateau.

La découverte se poursuit entre histoire et nature. Une côte sauvage où se dévoile la chapelle de St Jean de Gaztelugatxe. Promontoire surprenant de dévotion marine. Symbiose entre architecture de roches et constructions basques. Un temps de communion avec les éléments colorés et sonores de l’Atlantique, s’amusant à animer la cloche tels des gosses malicieux. Plentzia, agréable petit port, nous distrait un temps et nous profitons allégrement de la plage par un bain vivifiant, suivi d’une sieste réparatrice. Un bout d’autoroute plus tard et vers 21 heures, nous atteignons les Picos de Europa. Ce massif si proche de l’océan ne pouvait qu’attiser notre curiosité de montagnards. Fuente Dé et son grand parking en représentent l’accès idéal. Des infos de camping-caristes toulousains, un bon topo de montagne et nous voici d’attaque pour la première benne. Vers 10 heures, matinaux ces espagnols ! Notre objectif initial d’un pic sérieux se transforme, vu l’horaire, à viser la cabane Véronica. La neige est molle, il faut tracer. Mais quel spectacle de pics, lacs, neige et roches…Et ce refuge microscopique, style « schtroumpf » constitue une halte appréciée, avant de viser le col proche et de se hâter pour reprendre le téléphérique avant l’éclatement de ces gros nuages noirs. La météo se gâtant, nous repartons vers la côte. Potes, Arrenas, goûter au fromage et cidre locaux aux saveurs si différentes de la Normandie ! Suivre les torrents et les vallées pour retrouver la mer et surtout la minuscule crique de Tazones avec ses traces de dinosaures. Soirée et nuit au port de Cudillero, un grand parking, un bon restau… Repas en terrasse agréable, convivial, où le cidre coule à flot en compagnie de Nantais originaires …de la Timbale. Un tunnel pour rejoindre le haut du village, des greniers sur pilotis, des empanadas et des pâtisseries délicieux…

Départ ce 13 mai à plus de 10 heures, presque une grasse matinée. Toujours cette impression de Bretagne, un série de ports de pêche grouillant d’activité, aux chalutiers colorés : Luarca, Puerto de Vega, à flâner au gré des embruns. Ribadeo est notre halte pour midi et le reste pour le soir et la nuit. Le restaurant « Marineo » près de port apportant son lot de saveurs marines (lotte, puncho…). Ne pas manquer les Cathédrales, arches naturelles sur la plage, dédales touristiques de criques et de roches. Mais réellement originales en leurs sculptures océanes. A Foz, la halte nous fait découvrir un vieux gréement, bourlingueurs de St Petersbourg en goguette. Quitter un temps cette route en corniche pour que mon cœur de forestier rencontre, à Chavin, ces eucalyptus aux diamètres impressionnants. Après le port miniature de Baquerio (attention au gabarit), nous prenons avant Pédra , une petite route enserrée d’eucalyptus jusqu’à St Andrès de Teixido. Sanctuaire de poupée, baigné de vent. Un vrai pèlerinage, qui selon la tradition nous évitera une réincarnation en animal ! Mais nous préférons dormir un peu plus loin au milieu des pins et des chevaux. Cedeira, Retanzos, Sada, le temps d’un arrêt, d’un repas avant de plonger dans le tumulte de La Coruna. Nous avions perdu l’habitude de cette dense circulation. Nous laissons notre véhicule près du Castillo de San Anton, pour découvrir la ville au rythme de nos vélos. Tour d’Hercules, plages, Millénium, place Pita et sa statue de Maria…avec en prime le repas de O Tanagra plein de découverte. Nous migrons le matin de bonne heure pour ne pas risquer d’être bloqués et nous installons, un temps, près de la Tour d’Hercules.

Santiago, St Jacques de Compostelle. Pour beaucoup, un but, un pèlerinage. Nous avons presque honte d’y arriver si facilement, un peu une halte dans notre périple, un break dans notre virée celtique. Un grand parking à l’entrée et nous nous donnons peut-être bonne conscience en enfourchant nos vélos. Le temps de batifoler, et nous voici enfermés dans la cathédrale pour la messe des pèlerins, haute en couleurs et en chants, aboutissement de millions de prières, de pas et d’espoirs. Départ vers 16 heures pour retrouver au sud la mer, ses criques et ses ports : Combaro, Raxo, Portonovo avec une nuit calme à la plage de Montalvo face à l’océan. Au port d’O Grove, nous achetons poulpes et raies. Le temps se gâte parfois, combinant vent et nuages menaçants. Toujours à l’affût d’un coup d’œil, d’un plaisir visuel, en une cité, une maison, un bateau, une pierre…Cambados, Carril, Boiro, Ribeira, Porto de Son… Des images, des atmosphères… Nuitée à Portosin, sur le parking des bus. Les super raciones de pulpes et calamars chez « O Pescador » sont excellentes. Ambiance animée et cidre garanti, car nous sommes immergés dans la finale de coupe d’Europe « Arsenal-Barcelone ». Et ça chauffe !

Marché matinal et visite de la cathédrale à Noia, et de nouveau les yeux pleins de criques, plages, ports, rochers…A Muros nous goûtons au requin à l’escabèche, pour rejoindre par cette côte celtique aux blanches maisons notre bout du monde : le bien nommé Cap Finisterre. Quelle ambiance, quel coucher de soleil désert et venté s’ouvrant sur 5000 kms d’Océan. Tôt le matin, nous arpentons ces sentes vertigineuses aux senteurs marines. Le temps presse, poursuivre notre cheminement, une halte appréciée à Camarinas, un café au port de Camelle, un bain dangereux suivi d’un repas de poissons au cidre sur la plage sauvage de Traba. Le vent souffle fort, ce n’est plus la Bretagne mais l’Irlande en automne. Laxe, Corme-Porto et sa Costa de Muerte (domaine pas si lointain des naufrageurs), La route à la Punta Ronduco nous comble d’embruns, de risées, de bourrasques, de tempêtes… et nous préférons aller dormir, plus à l’abri tout relatif, à la plage de Balarès. Dany soigne même l’ambiance en confectionnant une foison de crêpes, arrosée de cidre. Pluie, vent, brouillard…Nous découvrons presque ces conditions extrêmes. Le départ est matinal, avant 6 heures pour un marathon de conduite : Carballo, Betanzos, Lugo, Leon, Burgos, Gasteiz-Victoria, San Sebastian pour retrouver Vivien à Pau pour le repas du soir. Mais nous préférons dormir un peu plus loin sur l’aire des Pyrénées et ainsi rejoindre Pompertuzat pour le dimanche midi. Un véritable dépaysement, à la fois si proche et si loin de Toulouse, des attentes comblées en diversité, des nuits systématiquement face à l’océan, le tout couronné par une météo clémente, en ses rayons de soleil pour colorer les ports et les cirques, en sa chaleur pour les bains matinaux et vivifiants. Et vive la Bretagne espagnole !

Philippe Le 22/02/2008

 

Par Philippe Thévenet - Publié dans : Camping-Car
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